Edmée Patrice
Maurice, comte de Mac-Mahon , duc de Magenta,
prince de Solferino, né le 13 juillet 1808 au château de Sully
(Saône-et-Loire) près d'Autun, mort le 8 octobre 1893 au château de
la Forêt, à Mont Cresson (Loiret), était maréchal de France et fut
président de la République française du 24 mai 1873 au 30 janvier
1879.
Origine
irlandaise
Mac-Mahon descendait d'une famille irlandaise,
partie pour l'exil avec Jacques II et se réclamant de la descendance
des anciens rois d'Irlande.
Les
débuts
Sorti de Saint-Cyr, il entra dans l'armée en 1827
et servit d'abord lors de l'expédition d'Alger, où il se fit
remarquer par sa capacité et sa bravoure. Rappelé en France, il
attira de nouveau l'attention lors de l'expédition d'Anvers en 1832.
Il devint capitaine en 1833 et cette année-là revint en Algérie. Il
mena des raids de cavalerie audacieux à travers les plaines occupées
par les bédouins et se distingua au siège de Constantine en 1837.
Depuis cette date jusqu'à 1855 il fut presque constamment en Algérie
et accéda au grade de général de division.
Guerre de Crimée,
Sébastopol
Pendant la Guerre de Crimée on lui donna le
commandement d'une division et en septembre 1855 il mena avec succès
l'attaque sur les ouvrages fortifiés de Malakoff, où il y prononça
son célèbre «J'y suis, j'y reste!», ce qui aboutit à la chute de
Sébastopol.
Sénateur, vainqueur
en Algérie
Après son retour en France, il fut comblé
d'honneurs et fait sénateur. Désirant pourtant une vie plus active,
il refusa le commandement suprême des troupes françaises et fut une
fois encore envoyé, sur sa demande, en Algérie, où il vainquit
complètement les Kabyles. De retour en France, il vota comme
sénateur contre la loi inconstitutionnelle sur la sécurité générale,
qui fut proposée après l'attentat manqué d'Orsini contre la vie de
l'empereur.
Magenta :
Maréchal de France
Il se distingua particulièrement lors de la
campagne d'Italie de 1859. Moitié par chance, moitié par audace et
par flair, il poussa ses troupes en avant sans avoir reçu d'ordres à
un moment critique lors de la bataille de Magenta, ce qui assura la
victoire française. Pour ces brillants services, il reçut de
Napoléon III le bâton de maréchal et fut titré duc de
Magenta.
Gouverneur en
Algérie
En 1861, il représenta la France au couronnement
de Guillaume 1er de Prusse et, en 1864, fut nommé gouverneur général
d'Algérie. Son action dans ce poste représente l'épisode le moins
réussi de sa carrière. Bien qu'il eût effectivement mis en oeuvre
quelques réformes dans les colonies, les plaintes furent si
nombreuses que deux fois dans la première moitié de 1870 il présenta
sa démission à Napoléon III. Quand le cabinet Ollivier, qui devait
si mal finir, fut formé, l'empereur abandonna ses projets algériens
et Mac Mahon fut rappelé.
1870-1871
Il participa à la guerre franco-allemande de 1870
, et essuya plusieurs défaites pour finir prisonnier à Sedan . En
1871, il fut nommé à la tête de l'armée dite
« versaillaise » qui réprima sévèrement la Commune de
Paris en massacrant 30 000 personnes, emprisonnant 38 000 et
déportant au bagne 7 000 autres.
Président de la
République
Porté par sa popularité, il est élu président de
la République après la chute d'Adolphe Thiers le 24 mai 1873 , et
projette une restauration de la monarchie , après avoir limogé le
Premier ministre pour le remplacer par un monarchiste. Mais l'échec
de cette restauration le conduit à voter le septennat présidentiel.
Avec le duc Albert de Broglie comme président du Conseil, il prend
une série de mesures pour l'ordre moral. Mac-Mahon n'a jamais voté
le septennat ; ce sont les députés qui ont voté le septennat
parce qu'ils espéraient que dans les sept années à venir le problème
de la fusion serait résolu par le décès du comte de
Chambord.
L'année 1875 verra le vote d'une série de lois
constitutionnelles
qui instaureront les fondements de la Troisième
République . La progression des républicains aux élections
suivantes pousseront Mac-Mahon à démissionner le 30 janvier 1879
.
Décès
Il meurt le 8 octobre 1893 au château de La
Forêt, près de Montargis, après avoir entrepris la rédaction de ses
mémoires. Il sera inhumé le 22 octobre aux Invalides, après des
obsèques nationales.
Citations
Mac-Mahon est resté célèbre pour un certain
nombre de déclarations, probablement pas toutes
authentiques :
- Lors de la guerre
de Crimée qui opposait la France et le Royaume-Uni à la Russie,
Mac Mahon prit la position de Malakoff. À un émissaire britannique
qui lui conjurait de quitter la place, qu'il disait minée, Mac
Mahon a répondu, inventant la formule : « J'y suis,
j'y reste. » Il resta et ne sauta
pas.
- En voyant
des inondations qui frappèrent la ville de Moissac :
« Que d'eau ! Que d'eau ! Et encore, on en voit
que le dessus. »
- « La fièvre typhoïde
est une maladie terrible. Ou on en meurt, ou on en reste idiot. Et
je sais de quoi je parle, je l'ai
eue. »
- Alors qu'il
allait passer en revue les élèves de l'Ecole Navale, Mac Mahon fut
informé que l'un des soldats les plus brillants de la promotion,
Camille Mortenol, était d'origine guadeloupéenne. Arrivé devant
lui, et alors qu'il était évidemment difficile de ne pas
reconnaître le soldat, Mac Mahon lui demanda : « Ah
c'est vous le nègre ? » Et à court de mots, il
ajouta : « Très bien,
continuez ! »